Lorsque j’arrive à la station, le premier de la file termine un nettoyage scrupuleux de l’intérieur de son taxi.

Pas pressée par le temps, je l’invite à terminer pendant que je finis ma cigarette. La course démarrée, mon chauffeur engage la conversation : « Vous ne devriez pas fumer, surtout si vous êtes parisienne. » Étonnée, je l’engage à m’en dire plus. « Avec l’air que l’on respire ici, vous avez inhalé plus de toxines en marchant dans la rue que mon grand-père avec ses deux paquets de Gitanes maïs ! »


Selon la nouvelle étude menée par Santé publique France publiée ce 29 janvier, plusieurs dizaines de milliers de cas d’AVC, d’asthme, d’infection respiratoire, de cancer du poumon, de broncho-pneumopathie chronique obstructive, d’infarctus du myocarde, d’hypertension artérielle ou encore de diabète de type 2 sont provoqués par l’exposition à la pollution de l’air en Île-de-France.

Si « une amélioration importante de la qualité de l’air a été constatée en Île-de-France depuis au moins les 20 dernières années », l’institution prescrit de « fortement abaisser les niveaux de ces polluants de l’air au niveau des seuils préconisés par l’Organisation mondiale de la Santé ».

Pour inciter les dirigeant à agir, l’étude a chiffré le coût économique de la situation à environ 4 milliards d’euros pour le dioxyde d’azote et près de 13 milliards pour les particules fines, prenant en compte le coût des soins (médicaments, hospitalisation, passage aux urgences), le manque à gagner pour la société (perte de salaire pour la personne atteinte, arrêt maladie, départ en retraite anticipé) et enfin la perte de bien-être pour la personne malade.


Je demande à mon chauffeur : « Comment faites-vous tous les jours dans les bouchons ? » « Je ne peux pas me prémunir de l’air ambiant mais je suis quelques conseils. J’aère régulièrement mon habitacle, je change mon filtre d’aération tous les 15 000 km environ, j’active la fonction « recyclage » dans les embouteillages, je garde un maximum de distance avec le véhicule précédent, je nettoie régulièrement mon habitacle… et j’ai installé ma famille à la campagne. »


Je sors de la voiture avec l’impression de mettre les pieds dans un cendrier géant à ciel ouvert.

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